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La France est un peu à feu et à sang. Partout les conflits sociaux brûlent et des fractions de la population sont blessées, soit moralement parce qu'on les menace, soit psychologiquement parce que leur emploi est affecté (diminution ou suppression...).

Au mois de mars, les universités risquent de s'enflammer avec le concours des étudiants qui vont commencer à "payer" la grève de leurs profs... Les DOM sont en grève générale. Les salariés de l'industrie hurlent après avoir vu des milliards d'euros "affectés" aux banques. Le milieu hospitalier prétend partir en guerre contre sa ministre. Les écoles sont sur le qui-vive....

Rien ne va plus ! Le jeu ordinaire est renversé. Faites vos jeux. Je parie pour ma part sur le niveau de crise 3. En effet, il y a 3 niveaux de crise possible dans laquelle on est entré.

Crise ordinaire : on vire la moitié des ministres et F. FILLON monte au filet et le président se résigne à faire un jeu de fond de cour. Bref il laisse F. FILLON gouverner ; il en a la stature mais le président l''a parfois discrédité.

Crise politique : le président change le Premier ministre en tant que fusible qu'il n'est pas.

Ces deux premières opérations peuvent ne pas marcher puisque le président a toujours proclamé être le seul "patron" et le seul "responsable". La troisième voie s'ouvre si ces deux premières ne marchent pas.

On sera alors face à une crise de régime assez explicable : nos institutions, celles de la 5e République, sont usées jusqu'à la corde.... de vielles savates ! Qu'elles ne tiennent pas au cours d'une crise qui vient du "modèle américain" loué et vanté par la majorité UMP pendant la campagne électorale n'est pas trés étonnant.

Outre le comportement du président, la majorité est face à un trou d'inspiration majeur, et seule l'ouverture" permet au président de maintenir un gouvernement UMP qui a démarré en s'opposant à la droite classique de J. CHIRAC (néo-gaulliste), c'était la rupture ! Or cette voie est en plein échec et ne peut même pas tenir, à mon sens, encore quelques semaines.

Le président ne peut pas ne pas (d'ores et déjà) envisager que la France marche sur le Palais de l'Elysée pour lui demander des comptes voire carrément de partir.

A mon sens, il dispose à peine de trois mois pour rétablir la situation.. Je pense qu'il a déjà perdu au moins 3 semaines.... il aurait déjà pu procéder à un remaniement ministériel. A défaut, certains, dans la rue, penseront que "ensemble tout est possible".


(NB réédition après une publication inopinée du projet de note).

Rédigé par Hervé Causse le Vendredi 13 Février 2009 à 23:45

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